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Réunis autour du Président du Conseil National de la Communication (CNC), Joseph CHEBONGKENG KALABUBSU, et de son Secrétaire Général, Prof. Jean Tobie HOND, le personnel des cellules techniques a pris part, le 17 juillet 2025 à Yaoundé, à un séminaire interne dédié aux enjeux contemporains du fact-checking. L’activité visait à renforcer leurs compétences techniques dans la lutte contre la désinformation en ligne.
La première partie de la session, animée par le Dr Desmond NGALA, responsable de la plateforme 237Check, a mis en lumière les menaces que représentent les contenus manipulés, les fausses informations et les procédés d’influence algorithmique sur la crédibilité des médias et la stabilité des sociétés démocratiques. La seconde partie, consacrée aux technologies de l’intelligence artificielle, a été conduite par Kingsley ROMI, ingénieur informaticien. Selon les deux experts, l’espace médiatique est désormais saturé de contenus dont l’authenticité est difficile à évaluer, surtout depuis que des outils d’IA générative comme ChatGPT, Sora, MidJourney, DALL·E ou encore les deepfakes permettent de produire en quelques secondes des textes, images, vidéos et sons réalistes.
Si l’intelligence artificielle constitue un levier pour accélérer la production de nouvelles et en faciliter l’accessibilité, elle est également à l’origine d’une désinformation plus massive et automatisée. Les participants ont appris à distinguer les types de manipulation — de la simple image hors contexte aux vidéos synthétiques trompeuses — et à mettre en œuvre des processus rigoureux de vérification.
L’atelier a également insisté sur l’importance de la régulation du contenu en ligne. Celle-ci passe par la responsabilisation des plateformes numériques, l’appui aux initiatives de vérification, l’élaboration de normes éthiques pour l’utilisation de l’IA dans les médias. À ce titre, la vérification des faits reste une tâche humaine, incontournable pour garantir la crédibilité de l’information. Il ne s’agit pas seulement d’identifier si un contenu a été produit par une IA, mais surtout de déterminer s’il est exact et fiable.
Des outils numériques — comme Snopes, TinEye, Botometer ou encore la Wayback Machine — ont été présentés pour faciliter l’archivage, l’analyse des métadonnées et la détection des comptes automatisés. Un accent particulier a été mis sur les cinq piliers de la vérification (quoi, qui, quand, où, pourquoi) ainsi que sur l’importance de documenter toute démarche de vérification, notamment en situation particulière de crise ou d’élection.
Au terme de cette rencontre, le Secrétaire Général a exprimé la volonté de renforcer la formation à travers des séances de travaux pratiques pour mieux encadrer les productions médiatiques à l’ère du numérique. Pour le Président, l’objectif visé est d’aboutir à la mise sur pied d’une équipe de fact-checkers, qui viendra booster la surveillance de l’espace médiatique, principalement en cette période électorale.
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